Préambule
La démosphère est un réseau digital démocratique mondial. Elle est un écosystème digital des sites web, des blogs, et des citoyens digitaux qui voudraient soutenir les mouvements démocratiques autour du monde. La démosphère relie les citoyens digitaux aux mouvements locaux à travers les "activistes relais" en pays différents. Les activistes relais relient le savoir-faire et les outils qui se trouvent sur l'internet avec les militants travaillant sur le terrain dans leurs propres pays. En utilisant l'internet, les activistes d’un pays donné apprend d’un groupe d’un autre pays, ce qui favorise une pollinisation croisée en termes d’apprentissage des stratégies et techniques de lutte. Une plus grande connaissance mène à un militantisme plus efficace et accélère l’avènement de la démocratie autour du monde.
Article 1: Les Activistes Relais
Le nombre d’être humains sur la planète est limité. Le nombre de pays sur la planète est limité. Il est possible de créer un spectre démocratique fondé sur le principe selon lequel, dans une démocratie, les citoyens ont le dernier mot sur les politiques de leurs gouvernements. Dans ce spectre, nous nous concentrons sur les Etats non démocratiques. Certaines autocraties sont pires que d’autres. Certaines démocraties sont ‘‘illibérales’’. Nous prenons tout ceci en compte et nous nous employons à identifier les personnes et les groupes à l’intérieur et originaires de ces pays-là qui travaillent pour l’établissement de la démocratie dans leurs nations respectives.
De tels activistes existent dans tous les pays. Qu’ils soient peu ou nombreux, efficaces ou inefficaces, ils sont bien là. Cependant, plus l’autocratie est pire, plus la tâche est ardue, et moins vibrante cette communauté activiste pourrait être. Après identification de ces activistes, nous utilisons la technologie digitale – sites web, chat rooms, forums, blogs – pour connecter ces activistes les uns avec les autres.
Il se pose un problème. La plupart des dictatures se trouvent dans des pays en voie de développement. Dans ces pays l’accès à l’internet est limité. Comment pouvons-nous envisager d’atteindre les activistes de la démocratie utilisant l’internet si la plupart d’entre eux n’ont même pas d’accès quotidien à l’ordinateur ? C’est ici qu’interviennent les ‘‘activistes relais’’. Les activistes relais sont des "as de la technologie". Ils savent utiliser l’internet auquel ils ont un accès régulier. Ils sont aussi en contact avec les activistes locaux qui peuvent ne pas avoir de connaissances sur l’internet. Les activistes relais sont un lien entre la connaissance et l’expérience politique sur internet et les activistes locaux travaillant sur terrain. De cette façon, le saut peut être fait du terrain vers un réseau de démocratie digitale internationale en une seule étape, à travers un seul type d’activiste.
Article 2: la Démosphère
Quel est ce réseau de démocratie digitale internationale ? C’est la démosphère. C’est un réseau informel des blogs, des sites webs et des citoyens digitaux qui soutiennent la démocratie et qui veulent renforcer la capacité des activistes de la démocratie locaux. C’est un écosystème. Les pièces existent, mais elles ne sont pas encore assemblées. Un réseau digital pour la démocratie doit être crée. Il sera crée par les personnes qui croient au réseau, qui le font connaître aux autres et qui les y connectent.
Article 3: Le Rôle des Bloggers
Certains des activistes relais les plus performants de ce mouvement seront des bloggers. Ils y a trois éléments essentiels à l’efficacité de tout mouvement démocratique : l’argent, le message et l’organisation. Les blogs sont d’excellents moyens pour réunir tous les trois. Les blogs rendent possible la communication des politiques à la vitesse de la pensée. Les blogs renforcent les capacités de l’individu. Parfois on a affaire à des révolutionnaires de salon, mais certains bloggers sont aussi des activistes. Avec le temps, ils peuvent aussi devenir des activistes relais. Les réseaux des blogs sont aussi à même de constituer la base d’un plus grand réseau de démocratie digitale. Un blog est une étoile. Une blogalaxie est constituée de plusieurs étoiles. Une blogalaxie comprend plusieurs blogs personnels et associatifs, tous interconnectés l’un à l’autre à travers des listes des blogs, d’e-mails, de RSS feeds. Les blogalaxies peuvent constituer la fondation à partir de laquelle la démosphère va se développer.
La démosphère sera à l’arrière-plan. Le "temps d’écran" viendra toujours après le "temps de terrain". Le travail le plus difficile sera de mettre en place une organisation parmi ceux qui ne pourront même pas être en ligne. Ceci sera le travail de l’activiste relais et de ses supporters en ligne. La démosphère sera un système de soutien extensif, sophistiqué : quelque chose d’important, mais à l’arrière-plan.
Article 4: l’Accès
Il y a beaucoup de chance que les gens qui ne vivent pas dans des démocraties soient pauvres, n’aient pas d’accès à l’internet et soient peut-être même analphabètes. Selon un document établi par le Forum Economique Mondial, en 2003, 10 % de la population des pays en voie de développement avaient accès à l’internet. (Dans les pays développés, ce chiffre avoisine les 40 %). Cependant, 10 % traduit un niveau d’accès plus élevé qu’on ne saurait imaginer. Les habitants de grandes cités et villes sur la planète peuvent se connecter à partir des cybercafés pour un centime par heure. Peut-être l’ordinateur est vieux, la connexion lente, et le prix bien que très bas, ne permet toujours pas l’utilisation fréquente, mais la possibilité d’accès existe.
Mais même alors, ce n’est pas tout le monde qui est obligé d’être en ligne, ce n’est pas tout le monde qui doit blogger. Il peut y avoir des barrières linguistiques en ligne. C’est à ce niveau que les activistes relais entrent en scène. Les personnes et les groupes qui ne peuvent ou ne savent pas se connecter recourent aux activistes relais qui sont en ligne et connectés, à l’intérieur et en dehors du pays.
Article 5: Diasporas
Les diasporas sont aussi importantes parce que les expatriés sont des activistes relais essentiels. Des ponts fonctionnels, efficaces et égalitaires peuvent être crées entre les personnes et les groupes en pays non démocratiques et les membres de la diaspora en pays démocratiques. Les expatriés, de par leur appartenance à la diaspora, ont l’argent et l’accès à l’internet, ainsi qu’une connaissance approfondie des conditions propres à leurs pays d’origine. En effet, les membres de la diaspora sont tellement éparpillés à travers le globe que l’internet peut être le seul moyen sûr de les organiser. Il est facile d’organiser des discussions et des collectes de fonds en ligne : pointer et cliquer, pointer et cliquer.
Les citoyens digitaux ne font pas face aux barrières politiques et géographiques traditionnelles. ‘‘La fuite des cerveaux’’ était un terme colonial. Nous sommes tous des citoyens du monde. La montée en force de la globalisation et de l’internet signifie que les expatriés peuvent digitallement jouer un rôle actif dans la vie politique de leurs pays d’origine, dans beaucoup de cas beaucoup plus activement que s’ils y vivaient encore.
Article 6: Le Concept Frontière
Il se pose un autre problème. Il y a des pays comme la Chine qui semblent être capable de contrôler même l’internet. Comment la démosphère pourra-t-elle atteindre les activistes dans un pays comme la Chine ? Pour ce genre des pays, nous utiliserons ‘‘le concept frontière’’. Selon ce concept, nous nous organisons en dehors de la frontière. En outre, les activistes locaux s’organisent clandestinement de l’intérieur du pays. Si cette organisation est assez forte, et que la température monte, la frontière finit par céder. Et nous pénétrons à l’intérieur.
Le choix adéquat entre l’action à découvert et l’activisme clandestin dépendra de l’endroit où un pays non démocratique particulier est sur notre spectre. Même les gens de la diaspora originaires de ces pays peuvent préférer travailler clandestinement par peur de représailles contre leurs collaborateurs à l’intérieur de la frontière. Les gens font leur choix entre le travail en plein jour et l’activité clandestine. La nature du monde électronique facilite le travail clandestin.
Article 7: L'Action
Quelles sont les actions de la démosphère ? Pour le moment, nous ne pouvons que spéculer. Certainement quelques levées de fonds auront lieu, lesquels fonds seront canalisés de la diaspora et des pays démocratiques vers des activistes locaux efficaces, crédibles et responsables sur terrain. Les programmes de transfert en ligne comme PayPal seront utilisés dans ces activités : la transparence du réseau s’assurera aussi de la gestion responsable des fonds. Toute la tenue des livres des comptes sera faite en ligne. Ceci est capital.
Le réseau peut aussi jouer le rôle d’avocat, répandre les nouvelles sur la persécution des activistes auprès d’une audience internationale. Les membres du réseau qui pourraient être ciblés par l’Etat devraient sentir, en cas de problème, que tout le réseau est au courant de leur situation. Ce rôle sera similaire à celui de Amnesty International, Human Right Watch et du Comité pour la Protection des Bloggers, mais spécifiquement centré sur les activistes de la démocratie.
Nous pouvons aussi, à travers les blogs, débattre publiquement avec les ennemis de la démocratie. En cas d’impossibilité des débats directs, nous opterons pour des débats indirects. Nous contrerons toutes les déclarations officielles disponibles. Nous mettons l’accent sur la faiblesse et l’inexactitude de leurs arguments et nous les battrons en brèche avec nos contre arguments. Dès que les ennemis de la démocratie soutiennent quelque chose, nous répondons immédiatement.
Nous devons créer des organisations et des organisations parapluie dans la diaspora. La liberté de rassemblement pacifique est semblable à la liberté d’expression. C’est un droit humain fondamental. Les gens devront s’organiser selon leurs réalités. Nous ne leur dicterons pas la manière dont ils devront s’organiser. Nous faciliterons plutôt les activités liées à leur organisation.
Article 8: Le But
Une fois que nous aurons mis cette importante infrastructure en place, nous pourrons réellement passer à la vitesse supérieure. Le but de la démosphère est l’établissement des gouvernements démocratiques d’un bout à l’autre du monde. Dans certains cas, la réforme prendra des années. Dans d’autres, des manifestations décisives de rue, comme en Ukraine en 2004, mèneront un pays quelconque de l’autoritarisme à une démocratie florissante presque en un clin d’œil.
Le message est paix et égalité. Le message est dignité et fierté. Vous vous organisez à les réaliser quand vous n’en avez pas. La démosphère soutient cette lutte. Du village le plus pauvre à la plus grande métropole, la démosphère soutient cette lutte. De l’activiste marchant à travers la rue poussiéreuse au blogger sur son poste à des milliers de kilomètres, la démosphère soutient cette lutte. Sur chaque continent, dans chaque nation, dans chaque cœur qui bat pour le même rêve. C’est ça la démosphère. Rejoignez-nous !